« Baby Driver » : le bolide qui carbure aux références

Article paru en août 2017


Fort de sa trilogie du Cornetto, dont fait partie le culte Shaun of the dead, Edgar Wright est l’auteur d’excellentes comédies d’action et d’horreur. Jusqu’ici, c’est un sans faute. Et puis, arrive Baby Driver, superbe divertissement instantané auréolé de hype qui certes ne révolutionne (presque) pas l’histoire du cinéma, mais qui place toutefois Edgar Wright au panthéon des grands auteurs de notre siècle. Si on éprouve un plaisir immédiat et facile devant Baby Driver, à l’instar de ses précédentes productions, on ne peut nier un upgrade évident. La consécration d’un maître de la mise en scène, du rythme et du bon goût en matière de références.


Un chef d’orchestre aux commandes


« Mais putain comment ça marche ce truc ? »


Dès la scène d’ouverture s’engage une course poursuite échevelée au rythme jubilatoire. C’est là la particularité de Baby Driver : les images sont parfaitement ajustées à la bande sonore, engendrant une harmonie totale et donc une satisfaction des sens inégalée. Une expérience presque voluptueuse.


Autre particularité, la bande son est intradiégétique, c’est à dire qu’elle fait partie intégrante de l’univers du film, et plus particulièrement de notre personnage principal, qui ne s’incarne pas en dehors de la musique. C’est d’autant plus vrai qu’il ne peut tout simplement pas conduire ou vivre sans musique. L’action est donc fondamentalement subordonnée à l’art du son. La musique se fait carburant ; de la voiture, des actions, et du film tout entier. Comment ne pas se laisser happé par cette playlist ébouriffante ?


Baby Driver invente donc le premier film de braquage chorégraphié et musical (il me semble ?) En puisant dans de nombreuses références – et en les assumant pleinement – il s’impose toutefois comme une véritable curiosité aux tonalités hybrides.


« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »


Petite excursion criminelle, en toute discrétion


En empruntant aux meilleurs des comédies musicales hollywoodiennes, des films de gangster, de Tarantino, et même d’un film récent ayant comme personnages principales un petit bolide et un chauffeur désabusé, Drive, Baby Driver revendique une empreinte marquée du sceau des plus grands.


Edgar Wright nous livre une carte postale pop, aux accents rétro kitch, et ce pour notre plus grand plaisir coupable. La distanciation et le name-dropping sont des notions difficiles à manier, tant elles sont devenues éculées et outrancières, parfois synonymes de cache-misère et reflétant même souvent le vide scénaristique de certaines productions paresseuses. Baby Driver se distingue en livrant un multi-hommages au raffinement exemplaire, sans verser dans l’overdose (même si la mise en scène est régie par un système bien précis, elle ne se départit jamais de ses atours ni de son élégance.)

Certes, la forme, bien que virtuose, empiète quelque peu sur le fond (légèrement creux et prévisible), mais Baby Driver a-t-il autre vocation qu’à faire vibrer la corde nostalgique et à nous offrir, en prime, un pur exercice de style visuel et sensoriel ? Est-ce qu’on a déjà évoqué que techniquement, c’est remarquable ?


Quand le petit se véner enfin !

(Genre 3min avant la fin)


Baby Driver joue sur le principe de plaisir pur. Pour autant, il ne prend pas son spectateur pour un crétin, et surtout, la réalisation est truffée d’une infinité de trouvailles visuelles qui hisse Baby Driver bien au delà du divertissement populaire lambda, réconciliant le blockbuster transpirant la testostérone (prends en de la graine Fast and Furious) et le film d’auteur subtile.  Bienvenue dans la cour des grands, B.A.B.Y.

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